Qui suis-je ?

Qui suis-je ?

Je m’appelle SaM,

J’ai 32 ans et aujourd’hui je suis Mister Rubber France 2018.

Je dis « aujourd’hui » car ce n’était pas une évidence pour moi de pouvoir vivre mon fétichisme et de m’épanouir dans cette vie.


Mon adolescence

Plus jeune, alors que j’avais une dizaine d’années, j’étais déjà, sans le savoir, fétichiste. J’ai demandé à mes parents qu’ils m’inscrivent dans des clubs de sport alors que je n’étais pas réellement intéressé par leur pratique. En réalité, ce sont les équipements en lycra et néoprène qui m’apportaient du plaisir.

A l’âge de 15 ans j’ai téléchargé une vidéo d’un mec qui était attaché sur une chaise. Il était vêtu d’une étrange combinaison noire. Cette matière noire, moulante qui m’avait excité derrière mon écran d’ordinateur était du latex. Ce fut mon premier contact avec ce fétichisme.

A 15 ans, c’est aussi l’âge où j’ai découvert mon homosexualité. Découverte que j’ai très mal vécue. J’étais homophobe de moi-même et ne pouvais pas me regarder dans un miroir. Être fétichiste en plus d’être gay était une double peine pour moi.

Je suis alors entré en dépression. Cela a duré durant trois ans. Trois ans durant lesquels j’ai été déscolarisé et ai fait des tentatives de suicide.


L’acceptation de ma sexualité

Heureusement, j’ai eu la chance d’avoir le soutien de ma famille pour m’aider à m’accepter moi-même. Doucement, j’ai remonté la pente pour apprendre à ne plus me considérer comme un étranger  dans mon propre corps. Ce fut difficile. Après trois ans, j’ai enfin eu mes premières relations amoureuses et sexuelles avec des personnes du même sexe. Sans me sentir coupable de cela…

Et le coté fétiche dans tout ça ? Durant cette période, je l’ai mis de côté. J’ai mis toute mon énergie à m’accepter moi-même, préférant ne pas compliquer encore les choses. Pourtant, j’avais toujours en tête cette vidéo du mec en latex.


L’acceptation de mon fétichisme

Il aura fallu attendre l’acceptation totale de ma sexualité pour commencer à réfléchir à ce fétichisme qui m’attirait.

J’ai acheté ma première tenue moulante dans un magasin de sport, pour m’amuser seul dans ma chambre, mais je fantasmais en réalité sur le latex.

Malheureusement, seul dans ma campagne, c’était un défi d’acceptation qui m’attendait. Je ne savais pas quoi faire, que faire, avec qui et comment ? Autant de questions qui restaient sans réponse.

Je me suis inscrit sur des sites fétiches, les premiers du genre. J’ai essayé d’en savoir plus sur cette partie de moi. C’est à ce moment que j’ai découvert que j’étais loin d’être le seul à aimer cela.

J’ai commencé à parler avec des mecs. Durant des semaines, des mois. J’ai échangé virtuellement sur le sujet, pour essayer de comprendre, d’accepter.

Dans le même temps, j’ai rencontré un gars dont je suis tombé amoureux. Un gars hors milieu fétiche. Je ne voulais pas aborder ce sujet avec lui et doutais donc de la possibilité d’un jour accepter et vivre mon fétichisme.

Les discussions, les échanges, les réponses à mes questions me donnant de plus en plus envie de franchir ce nouveau cap de l’acceptation de moi-même, j’ai décidé d’en parler avec lui. Ce fut difficile, mais j’avais besoin de le dire. Besoin d’en parler. Besoin d’avancer. Besoin de vivre.

A ma grande surprise, il fut à mon écoute et compréhensif et m’incita à faire mon premier achat en latex. Pour, enfin, ressentir cette matière sur mon corps.

Mon premier achat à été une combinaison intégrale.

J’ai reçu ma combinaison. Ce fantasme que j’avais depuis plusieurs années allait enfin se réaliser. J’ai immédiatement enfilé cette tenue, exploré cette nouvelle partie de moi. Ce fut une révélation.

A compter de ce jour j’ai su que je ne pourrais pas vivre sans cette sensation, sans cette matière.

Les premiers pas dans le milieu fétiche

Malheureusement, encore une ombre subsistait. Porter du latex, c’est une première étape. Mais vivre son fétiche en est une autre. Mon copain n’avait aucun fétichisme.

Je n’avais jamais vu aucun autre mec en latex, autre que mon reflet dans le miroir. Porter du latex seul, chez soi, et n’avoir une vie fétiche que par le biais d’un écran d’ordinateur est devenu frustrant.

C’est pourquoi j’ai voulu franchir une nouvelle étape, celle de rencontrer d’autres fétichistes. J’ai proposé à un gars, avec lequel j’échangeais depuis de longs mois, de se rencontrer. Il accepta. Il passa un week-end entier à la maison. Il avait emporté son latex avec lui.

Ce fut, ce week-end-là, la première fois qu’un autre mec portait du latex dans la même pièce que moi. J’ai pu toucher un autre corps que le mien enserré dans cette matière. C’était l’extase pour moi.

Les mois ont passé. J’avais envie de plus. J’avais envie de rencontrer toutes ces personnes que je voyais en photos sur les réseaux sociaux. J’avais envie de boire un verre dans un bar vêtu de ma combinaison. J’avais envie de vivre mon fétichisme en dehors de ma chambre à coucher !

Je me suis rendu, après de longs mois de doutes, à mon premier événement fétiche : un apéro, dans la ville de Lyon.

Quand je suis arrivé, j’étais perdu. Je ne connaissais personne. Mon latex dissimulé sous ma veste, je n’osais pas aller vers les autres. Je n’osais pas me montrer. Heureusement, il n’aura pas fallu longtemps pour que l’on vienne me voir, qu’on vienne me parler, qu’on vienne me rassurer. Cette soirée pour laquelle j’avais autant hésité fut un moment de bonheur trop court à mon goût.


Mon épanouissement

J’ai su ce jour-là que mon épanouissement passerait par le  côté social, par les rencontres, par les échanges.

J’ai alors commencé à faire de plus en plus de voyages pour participer à des événements fétiches. J’ai rencontré de plus en plus de personnes. Je me suis fait de plus en plus d’amis.

Mon copain, devenu mon mari entre temps, a rencontré, lui aussi, des personnes avec qui il partageait, au-delà du fétiche, des intérêts. Lui donnant à son tour l’envie de vivre ces moments à mes côtés.

Doucement, celui qui rêvait derrière son écran d’ordinateur en regardant les photos fétiches était passé de l’autre coté. Je ne me posais plus aucune question, j’étais enfin moi-même, après tant d’années de doutes et d’hésitations, tant d’années perdues !

J’ai alors commencé à recevoir, à mon tour, des messages de personnes qui découvraient leur fétichisme et se posaient des questions. Qui me disaient admirer le fait que j’assume qui je suis. Qui me disaient ce que j’avais moi-même dit à d’autres quelques années plus tôt.

Mais, non : je n’ai pas plus de chance qu’un autre. Mon parcours pour vivre mon fétichisme a été long. Fatiguant. Difficile. A 32 ans, j’ai passé plus de temps à douter de ma vie qu’à profiter de mon fétichisme. J’ai perdu tant d’années pour des doutes et des peurs infondées ! Et c’est ce que je veux aujourd’hui éviter à d’autres !


Mister Rubber France 2018

C’est pour cela que je me suis présenté à l’élection de Mister Rubber France 2018. Pour raconter mon histoire. Partager mon expérience.  Me mettre à disposition et aider chacun à trouver sa place. Car pour moi, ce sont les rencontres virtuelles qui m’ont permis de m’accepter. Ce sont ensuite les rencontres réelles qui m’ont permis de m’épanouir. Aujourd’hui, à mon tour, je souhaite aider chacun à s’accepter, à s’épanouir et à être fier de qui il est. Éviter ainsi, à d’autres, de gâcher chaque instant d’une vie déjà si courte.


#BeYourself

Le 18 Novembre 2017, j’ai été élu Mister Rubber France 2018. Avoir partagé mon histoire en a incité d’autres à partager la leur. Certains ont pris conscience de l’importance de vivre son fétichisme.

Pour cette raison est née l’initiative #BeYourself. Pour que chacun puisse se déclarer fier de son fétichisme, fier de soi. Pour que chacun puisse partager son histoire et ainsi en inspirer d’autres. Les inciter à aller de l’avant.

A 32 ans, après des années de doutes, des années de peurs, j’ai enfin tourné une page de mon histoire.

Aujourd’hui, s’en est une autre qui commence… La vôtre…

#BeYourself